Aide à l’Afrique

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Alors que s’achève le Focac, avec 53 des 54 pays africains représentés, Xi Jiping a tenté de couper l’herbe sous le pied des critiques. Il a annoncé que la Chine ne financerait que les projets avec un véritable modèle économique, se montrant plus sélective dans ses crédits.

Le Forum pour la coopération entre l’Afrique et la Chine (Focac) qui s’est achevé mardi 4 septembre à Pékin, a été marqué par une très forte participation des responsables politiques du continent : 53 pays – sur les 54 que compte le continent – y étaient représentés, avec la participation des chefs d’Etats les plus influents du continent dont le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Nigérian Muhammadu Buhari, l’Ivoirien Alassane Dramane Ouattara, le Sénégalais Macky Sall, le Rwandais Paul Kagame, ainsi que le Premier ministre marocain Saadeddine El Othmani.

Comme on s’y attendait, le président chinois Xi Jiping a tenté de couper l’herbe sous le pied des critiques qui fustigent la hausse massive de la dette du continent – estimée à près de 113 milliards d’euros de crédits – à l’égard de son pays. Un fardeau qui remettrait en cause la souveraineté de ces pays, dont une bonne partie, notamment côté francophone, est en situation financière délicate.

Pour ce faire, il a annoncé 60 milliards de dollars pour le développement de l’Afrique, dont 15 milliards sous forme de dons et de prêts sans intérêts. Et précisé que son pays ne financerait pas des projets pharaoniques déconnectés des réalités, mais ceux ayant un modèle économique sur le long terme, avec une attention particulière sur les questions environnementales.

Une position relayée également par plusieurs dirigeants du continent, au premier rang desquels le président sénégalais Macky Sall dont le pays hérite de la coprésidence tournante du Focac, dont la prochaine édition aura lieu dans trois ans à Dakar en septembre 2021. « Tout ce que nous faisons avec la Chine – j’insiste là-dessus – est parfaitement maîtrisé, y compris le volet financier, le volet de la dette. Nous ne devons pas avoir la conscience perturbée par les critiques faites sur la nature de nos relations avec la Chine », a-t-il expliqué

Sélectivité, promesses et réalité

On peut se montrer circonspect sur les montants massifs annoncés par Pékin. Déjà lors du Focac 2015, la Chine avait annoncé 60 milliards de dollars d’investissements en Afrique à l’horizon 2018… qui ne sont jamais venus dans leur totalité. Pékin est coutumier des effets d’annonces sur le continent, et révise généralement ses ambitions à la baisse au regard des réalités économiques.

En revanche, on peut croire les intentions réaffirmées de Xi Jiping de se montrer plus sélectif quant aux prêts accordés et projets soutenus. De fait, depuis 2013, la Chine a resserré ses critères de prêts et diminué les montants accordés sur le continent. Elle se fait plus exigeante sur la viabilité des projets, sur le choix des entreprises chinoises pilotes, et sur les questions éthiques. À cause des risques de défaut de paiement, et de réputation des groupes chinois, mais aussi et surtout pour des raisons de politique intérieure.

Alors qu’en Chine, la lutte contre la pauvreté n’a toujours pas été gagnée, la population ne comprend pas que les autorités investissent autant à l’étranger. D’ailleurs, l’annonce des 60 milliards de dollars pour l’Afrique – qui ne sont pour le moment qu’une promesse – a suscité de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux chinois.

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