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Actuel et factuel

Annulation de la dette du continent

Macly Sall mène la croisade

Le chef de l’Etat doit se sentir très à l’aise au Sommet de Paris sur le financement des économies africaines, vu qu’il ne cesse de plaider la cause du continent sur les différents points inscrits à l’ordre du jour de cette rencontre qui s’ouvre ce mardi dans la capitale française. Au programme des travaux, figurent le traitement de la dette dont le président Sall réclame l’annulation et la relance de l’économie via l’allocation de droits de tirages spéciaux, la promotion du partenariat public-privé et le financement des infrastructures.

Sur la dette du continent estimée à 365 milliards de dollars, le président Macky Sall a très tôt demandé son annulation pour permettre aux économies africaines de souffler en vue de se relancer. Certes, la Covid-19 a servi d’accélérateur pour faire le plaidoyer d’une telle éventualité dont Macky Sall s’est toujours battu.

A ce propos, il convient de souligner que les créances africaines ont fait l’objet, à l’initiative du Président Sall, d’une conférence internationale en décembre 2019, à Dakar, en présence de nombreux chefs d’État et de la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

À l’issue de cette conférence, les participants ont adopté le consensus de Dakar qui prône une gouvernance financière mondiale plus équitable, une viabilité de la dette africaine en tenant compte de ses spécificités et de son engagement résolu dans les combats d’intérêt comme la lutte contre le terrorisme. In fine, le consensus renvoie à une Afrique jouant un rôle de locomotive de la croissance mondiale au moment où l’Occident fait face depuis 2008 à une crise structurelle.

En réponse, le G-20 a proposé un moratoire pour les économies les plus pauvres du continent, une démarche certes saluée par le chef de l’Etat qui, toutefois, campe dans sa demande d’annulation de la dette. Laquelle dette combinée à l’impact de la Covid -19, devrait, selon le PNUD, valoir au continent des pertes de revenus estimées à plus de 220 milliards, compte non tenu de la perte de près de la moitié des emplois de ses habitants.

Un handicap vertigineux que ne sauraient compenser les 20 milliards de dollars générés en faveur des économies du continent, suite au moratoire proposé par le G20, la Banque mondiale et le FMI. Sentant qu’il y a mieux à faire, plusieurs leaders du continent et du monde, notamment la Pape François, ont appuyé le chef de l’Etat dans sa demande d’annulation de la dette.

C’est ainsi que dans son message pascal de 2020, le pape François proposait « de réduire » voire « d’annuler » la dette des pays pauvres, tout en lançant un appel à un allègement des sanctions internationales et à la solidarité de l’Europe face à la pandémie de coronavirus.

Se félicitant d’une telle sortie, le président Macky Sall a ainsi réagi sur son compte twitter : « Mon appel pour l’annulation de la dette publique africaine suscite encore un écho favorable. Je salue l’appel du Pape François qui, dans sa bénédiction pascale, invite à une réduction ou annulation de la dette qui pèse sur les budgets des pays les plus pauvres ».

Choix politique fort, le plaidoyer du chef de l’Etat pour l’annulation de la dette est un pari sur un avenir basé sur une gouvernance mondiale plus équilibrée et plus inclusive dans le partage de la responsabilité liée à la cogestion des crises et défis auxquels fait face l’humanité.

Il convient de souligner que le plaidoyer du chef de l’Etat s’adresse, en dehors de ses pairs et autres leaders du monde, aux économistes, chercheurs et experts du continent à qui il demande de s’approprier du débat sur la dette en vue d’en faire un mouvement inclusif et très résonnant.

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