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Actuel et factuel

Mendicité des enfants

Quelles solutions face à un mal qui persiste ?

La mendicité des talibés (enfants des écoles coraniques) est un des problèmes de société le plus controversé au Sénégal. Acteurs et spécialistes de la question restent partagés sur la solution à ce phénomène qui prend de plus de l’ampleur dans les grandes villes. Au Sénégal, un pays où la majorité de la population est musulman, les parents envoient leurs enfants dans des daaras ( internats coraniques) pour leur assurer une éducation religieuse. Selon Human Rights Watch (HRW), ONG des droits de l’homme, de nombreux marabouts se servent de l’éducation comme prétexte pour exploiter économiquement les enfants à leur charge.

L’Etat, la société civile et toute la population  musulmane sont complices  du sort des enfants mendiants. Encore que tous ne sont pas des talibés. On ne peut s’empêcher de verser des larmes à la vue de tous ces mômes de 7 ans qui circulent dans les rues, pieds nus, habits délabrés, peau ternie par l’absence d’hygiène. A chaque fois qu’on les rencontre la honte se fait ressentir. Une honte accentuée par le silence des autorités qui ne réagissent que sur injonction des bailleurs. Le Sénégal n’ayant pas de politique sociale stratégiquement définie, se pose la question de l’utilité des secours à apporter  aux plus vulnérables. A ce propos, point de solidarité Sénégalaise encore moins Africaine. Malgré la formalisation des concepts , les actes ne suivent pas. Pourquoi, dites nous pourquoi, nos autorités n’agissent et ne réagissent que pour conforter leurs positions politiques, tromper les gens par de belles paroles et s’en aller fières et satisfaites de leurs exploits (parvenir à se faire croire sans y croire) ?.

Tel est l’apanage des politiciens Sénégalais. Samuel Butler disait : « les serments sont des mots et les mots ne sont que du vent pour ne pas reprendre l’expression de Claude Lawrence chez qui, « les mots sont des bulles d’air. Jamais les mots encore moins les belles paroles n’ont réussi à bâtir une nation.  Pour revenir à la mendicité des enfants, il faut parvenir à une réglementation efficace de l’école Coranique au Sénégal qui sera ainsi, un modèle pour l’Afrique. Il faudra aux maîtres coraniques acquérir des connaissances avérées en matière d’éducation islamique ( et s’il le faut même, leur faire subir des formations bien organisées à travers des séminaire. Quant aux confréries, elles auront à mettre à l disposition des écoles coraniques, des fonds d’appui gérés par des comités de gestion créés à cette effet. Ils se chargeront aussi bien de ces fonds que du suivi et de la bonne marche des programmes.

L’apport de ces comités de gestion devra être sollicité par ceux qui désireront ouvrir des écoles coraniques et d’en décider de leur fermeture quand elles ne remplissent pas leurs engagements. Pourquoi ne pas faire renaître l’Initiation ( une tradition africaine qui dote l’individu de valeurs positives et qui renforce son savoir vivre et son savoir être) dans les « daharas ». Pour mieux redorer le blason de l’école coranique au Sénégal, des options de carrière doivent être mises en place pour permettre aux apprenants de devenir de futurs enseignants, menuisiers, couturiers restaurateurs. Pour y arriver, l’on devra définir un temps pour l’apprentissage de métiers à côté de celui réservé au Coran. Avec un peu de volonté et la claire conscience que c’est Dieu qui dispose, rien ne résiste à l’effort. L’exploitation des enfants dans les daras sera bientôt un mauvais souvenir au Sénégal. Qui osera alors dire que c’est une manière de combattre l’Islam. Agissons pour le meilleur des tous les Sénégalais, pour l’intérêt collectif. Les enfants sont l’avenir de demain et le monde que nous laissons aux enfants dépend des enfants que nous laissons au monde. Tout est lié.

 

 

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