Contentieux électoral La réélection de IBK contestée

Read Time:3 Minute, 56 Second

Le président sortant IBK est reconduit à la tête du pays pour cinq ans, avec plus de 67 % des voix. Ses opposants dénoncent un « trucage monstrueux ».

Le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta a été élu pour un second mandat à la tête du Mali, une victoire célébrée jeudi par ses partisans mais que l’opposition va contester « par tous les moyens démocratiques ».

A 73 ans, le chef de l’Etat, qui partait favori après avoir viré largement en tête au premier tour, dirigera pour cinq années supplémentaires ce pays du Sahel toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq années d’opérations militaires internationales.« Je vous remercie du fond du coeur pour la confiance renouvelée », a déclaré le président Keïta dans une première réaction sur Facebook.

Il a recueilli 67,17 % des voix lors du second tour le 12 août, contre 32,83 % à l’opposant Soumaïla Cissé, un ancien ministre des Finances de 68 ans, selon des résultats officiels annoncés jeudi matin, qui doivent encore être validés par la cour constitutionnelle. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a appelé les deux hommes à régler leurs différends par le « dialogue et les moyens légaux ».

Le président français, Emmanuel Macron a immédiatement félicité par téléphone le vainqueur et « réitéré l’engagement de la France à se tenir aux côtés des autorités et du peuple malien pour surmonter le défi de la lutte contre le terrorisme et favoriser l’investissement et le développement économique », selon l’Elysée.

Un «jour noir pour le Mali»

Soumaïla Cissé devrait s’exprimer vendredi. Mais son chef de campagne, Tiébilé Dramé, a estimé que chiffres « ne reflètent pas la vérité des urnes » et résultaient d’un « trucage monstrueux », évoquant un « jour noir pour le Mali ».

« Nous allons utiliser tous les moyens démocratiques pour faire respecter le vote des Maliens », a dit le chef de campagne, prévoyant notamment de « déposer des recours devant la cour constitutionnelle pour faire annuler des résultats frauduleux » dans certaines régions.

« Nous lançons un appel vibrant à la mobilisation citoyenne », a-t-il ajouté, alors que jusqu’ici, les appels à la population pour qu’elle « se lève » de Soumaïla Cissé, isolé au sein de l’opposition, sont restés lettre morte.

Dans le quartier général de campagne du président réélu, une cinquantaine de cadres de la majorité ont accueilli l’annonce avec des cris de victoire et des accolades, au son d’une musique électronique reprenant en boucle le refrain « IBK, président ! ».

Lors de la présidentielle de 2013, M. Keïta, dit « IBK«, l’avait emporté avec 77,6 %« des suffrages sur, déjà, Soumaïla Cissé. « 77 % ou 50 %, nous avons gagné, c’est la victoire qui compte et nous sommes contents », se réjouissait un membre de son équipe de campagne, Drissa Kanambaye.

Une faible participation

« Vous savez, quand vous égorgez un poulet, ça se débat avant de rendre l’âme. On ne leur en veut pas pour ça, c’est la démocratie », ajoutait-il, interrogé sur l’opposition. Comme attendu, la participation a été faible, de 34,54 %, contre 43,06 % au premier tour.

En fin de matinée, le fonctionnement des réseaux mobiles était toujours perturbé dans Bamako, où les forces de sécurité étaient plus nombreuses que d’habitude mais où les habitants vaquaient à leurs occupations habituelles.

Relancer la paix avec l’ex-rébellion touareg

Le scrutin n’a pas passionné une population lassée par la persistance des attaques djihadistes, auxquelles se mêlent souvent des violences intercommunautaires, et dont près de la moitié vit sous le seuil de pauvreté bien que le Mali soit redevenu le premier producteur africain de coton et que son économie enregistre une croissance supérieure à 5 % depuis plusieurs années.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée par François Hollande en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. L’ONU mène également dans le pays sa plus importante mission actuelle, tandis que la force du G5 Sahel s’y déploie progressivement.

« Je l’ai encouragé à rassembler les Maliens dans le cadre de l’accord de paix et à assurer à tous la sécurité et le développement’, a indiqué jeudi François Hollande après avoir félicité IBK pour sa réélection.

Pour son second mandat, qui débutera le 4 septembre, Ibrahim Boubacar Keïta aura la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg, dont la mise en oeuvre accumule les contretemps et qui n’a pas empêché les violences de se propager du nord vers le centre du pays et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

Medianet.sn

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Previous post A vous de juger
Next post Manchester City
Close