Burkina

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Selon les résultats d’une récente enquête par téléphone de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) du Burkina Faso.

Cette enquête intitulée « COVID-19 Suivi des impacts au niveau des ménages », a été administrée sur un échantillon de 2 062 ménages. Selon les responsables de l’INSD, les données ont été collectées avec succès auprès de 1 968 ménages pour un taux de réponse de 82,5%. Ils estiment par ailleurs que le questionnaire d’enquête a été conçu pour couvrir des sujets importants et pertinents, notamment la connaissance de la Covid-19, l’accès aux aliments et aux services de base, l’impact de la Covid-19 sur les activités économiques et les sources de revenus.

Selon l’INSD, les restrictions des mouvements au Burkina, à cause de la COVID-19, n’ont été que partielles, de sorte que la majorité a pu travailler comme d’habitude. « Environ 80% des personnes interrogées ont pu continuer à travailler, tandis que seulement 10,7% des personnes interrogées qui travaillaient avant la pandémie ne travaillent plus », soulignent les auteurs de l’enquête. Ils ajoutent que parmi ceux qui ont arrêté de travailler, environ 40% ont déclaré que cela était dû à la saisonnalité de leur activité et 28% ont déclaré que cela était directement dû à la Covid-19.

Cependant, le ralentissement économique dû à la Covid-19 s’est traduit par une réduction des revenus. « Les salariés qui n’étaient pas en mesure de travailler n’ont pas été payés », révèle l’enquête. De même, la majorité des entreprises non agricoles (72,5%) ont vu leur revenu baisser. « La fermeture due à la Covid-19 et le manque de clients sont les principales raisons de la baisse des revenus de ces entreprises », précisent les auteurs de l’enquête.

 

Sur un autre registre, la plupart des agriculteurs (90,1%) ont des difficultés, principalement en raison de la saisonnalité et des restrictions liées à la Covid-19. La moitié des agriculteurs fait état d’une réduction des prix à la production. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a indiqué en avril que les prix des produits alimentaires étaient stables malgré la hausse des coûts de transport. Selon l’INSD, il y a une possible répercussion de la hausse des coûts de transport chez les agriculteurs. « Ceci signifie, poursuit l’INSD, que la façon dont la Covid-19 affecte les prix le long de la chaîne de valeur nuira surtout aux agriculteurs ».

L’enquête révèle qu’environ un ménage sur cinq recevait des transferts d’argent de leur famille/amis. Mais pour la plupart, le montant reçu et la fréquence de ces transferts ont diminué depuis le début de la Covid-19.

Concernant l’accès aux aliments de base et aux services sociaux, environ 1 ménage sur 4 rapporte qu’à un moment donné au cours de la covid-19, il n’a pas pu accéder aux aliments de base. Une proportion plus élevée de pauvres (29,6%) ont déclaré avoir des difficultés à accéder aux aliments de base, par rapport aux non pauvres (21,5%). L’indisponibilité des aliments de base était principalement due au maïs, en particulier dans le sud du pays.

« Malgré la fermeture des écoles, une grande proportion (87,6%) d’élèves restent intellectuellement actifs », révèle l’INSD qui ajoute qu’ils s’appuient principalement sur les TIC (53,4%). L’enquête signale que les élèves de Ouagadougou sont plus susceptibles de recourir au tutorat d’un membre de la famille tandis que ceux des autres zones urbaines / rurales sont plus susceptibles de ne rien faire ou de se fier aux programmes radio.

En outre, les élèves non pauvres sont plus susceptibles de s’appuyer sur la télévision, le tutorat d’un autre membre de la famille et un tuteur privé. Malgré un besoin de distanciation sociale, certains élèves (15%) restent en contact physique avec leur enseignant.

Sur un autre aspect, en dépit de la Covid-19, la plupart des ménages (49,1%) ont déclaré pouvoir acheter des médicaments, souligne l’INSD. Cependant, 1 ménage sur 4 n’a pas pu le faire. Depuis le 16 mars 2020, 2 ménages sur 5 ont déclaré avoir eu besoin des services de santé, principalement à cause du paludisme/fièvre. « La grande majorité de ceux qui avaient besoin de services de santé ont pu se faire soigner, signe qu’il n’y a pas eu de perturbation majeure dans la fourniture des services de santé », note l’INSD. Selon toujours cette structure, une combinaison de facteurs d’offre et de demande affectent la capacité d’accéder aux services de santé en cas de besoin. Mais, souligne-t-elle, l’accessibilité financière représente la plus grande contrainte, en particulier pour les pauvres.

L’enquête de l’INSD fait état le fait que la plupart des répondants ont une bonne connaissance des mesures préventives et des comportements sociaux recommandés qu’il faut adopter pour réduire le risque d’infection par le coronavirus. Chacune des mesures est citée par plus de huit répondants sur dix. « De plus, souligne l’enquête, les répondants ont adopté ces mesures préventives et ils se lavent régulièrement les mains, évitent les poignées de main et les rassemblements de plus de 10 personnes ».

Cependant, il y a un besoin pour plus de sensibilisation afin d’améliorer l’adoption de mesures préventives. « Plus précisément, relève l’INSD, une proportion importante de ceux qui vivent à Ouagadougou (9,9%) n’évite pas les rassemblements de 10 personnes ou plus ».

Le gouvernement du Burkina Faso a introduit plusieurs mesures pour freiner la propagation de la Covid-19.

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