Achat de l’avion de commandement d’Ibrahim Boubacar Keita

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Déjà deux anciens ministres, dont l’ex chef du gouvernement Boubèye Maïga, arrêtés

Les autorités maliennes ont lancé depuis quelques mois une opération « mains propres » contre les personnes impliquées dans des affaires de détournement de deniers publics et de corruption. A un an d’une probable élection présidentielle, le spectre d’une chasse aux sorcières n’est pas loin.

Au Mali, l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga (photo) et sa collègue de l’Economie et des Finances, Bouaré Fily Sissoko, ont été placés sous mandat de dépôt, le jeudi 26 août, par la Cour suprême. Ils sont poursuivis pour escroquerie, faux, usage de faux et favoritisme dans le dossier de l’achat de l’avion du président Ibrahim Boubacar Keïta, entre 2013 et 2014.

À l’époque, plusieurs voix avaient critiqué le prix exorbitant de l’acquisition, 40 millions $, évoquant des intermédiaires douteux et de la surfacturation. Cela a même conduit le FMI et la Banque mondiale à geler, pendant un temps, les financements accordés au pays. Puis, en 2018, l’affaire a été classée sans suite avant que l’arrivée au pouvoir des militaires l’an passé, n’entraîne la réouverture du dossier.

D’ailleurs, si la société civile et la majorité de la classe politique soutiennent cette opération anticorruption menée depuis quelques mois, il faut souligner qu’elle intervient alors que l’élection présidentielle est prévue l’an prochain. C’est pourquoi l’arrestation de Boubèye Maïga, considéré comme un potentiel candidat à la magistrature suprême, fait naître quelques suspicions vis-à-vis du colonel Assimi Goïta, l’actuel président de la Transition.

Pour Cheik Mohammed Cherif Koné, interrogé au micro de RFI, la procédure en elle-même « donne l’odeur d’une justice instrumentalisée », car il ne revient pas à la Cour suprême de mener une enquête contre d’anciens ministres. Selon la Constitution malienne, c’est en effet à la Haute cour de justice d’instruire toute affaire impliquant un membre du gouvernement, pour des actes commis durant l’exercice de ses fonctions.

Quoi qu’il en soit, d’autres arrestations pourraient intervenir dans les prochaines semaines, et permettre enfin de faire toute la lumière sur cette affaire. Notons que les avocats des deux personnalités nient toute implication de leurs clients.

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