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L'Algérie reste sourde aux recommandations du FMI concernant la dette extérieure

 Troisième économie de la région MENA, l’Algérie a été frappée par la covid-19 qui a entraîné une récession de près de 6% de son économie en 2020. Pour remonter la pente, le FMI a appelé l’Etat à adopter des réformes impliquant notamment le recours à l’emprunt extérieur.

L’Algérie ne suivra pas les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) concernant la dette extérieure. Son chef d’Etat, Abdelmadjid Tebboune, l’a fait savoir , lors d’un point de presse diffusé à la télévision nationale.

Selon le FMI, les défis économiques auxquels le pays est confronté pourraient à moyen terme, finir par créer « des besoins de financement sans précédent, épuiseraient les réserves de change, et présenteraient des risques pour l’inflation, la stabilité financière et le bilan de la banque centrale ». Les banques risqueraient d’être à court de moyens pour financer le reste de l’économie. Ce qui aurait un impact négatif sur la croissance qui s’en trouverait « fortement entravée ».

Aussi, l’institution onusienne préconise-t-elle « un ensemble complet et cohérent de politiques budgétaire, monétaire, et du taux de change, afin de réduire les vulnérabilités de l’Algérie ». Ce sont entre autres, « un ajustement budgétaire général qui donne en même temps la priorité aux mesures de protection des plus vulnérables » à partir de l’année prochaine, et qui devra « s’échelonner sur plusieurs années pour maintenir la viabilité de la dette ».

De plus, le Fonds indique qu’une interdiction du « financement monétaire » pourrait être bénéfique pour l’économie, car elle aurait pour effet « d’endiguer l’augmentation de l’inflation et l’épuisement rapide des réserves de change, tout en diversifiant les sources de financement budgétaire y compris à travers le recours à l’emprunt extérieur ».

Des mesures qualifiées de « suicidaires » par le président algérien. « Le FMI agit comme s’il préparait le terrain à l’endettement. Nous n’opterons jamais pour ce choix. C’est impensable. Nous ne mènerons pas le pays vers un suicide politique », a-t-il martelé.

Le dirigeant a exprimé sa confiance dans les capacités de son pays à engranger « suffisamment de revenus » pour s’en sortir en 2022. « Nous pourrons atteindre l’équilibre financier vers fin 2021, sans toucher aux 44 milliards de dollars de réserves de change estimées à 57 milliards de dollars à fin 2020 », a-t-il indiqué.

Pour rappel, l’économie algérienne a été impactée par la covid-19. Outre le côté sanitaire, la baisse des recettes d’exportation des hydrocarbures a fait plus que doubler le déficit budgétaire de l’Etat qui est passé de 5,6% en 2019 à 13,6% en 2020, selon la Banque africaine de développement (BAD). La pandémie a également provoqué des pertes d’emplois et la chute du produit intérieur brut de près de 6% en 2020, selon le FMI, alors qu’en 2019, il avait connu une légère hausse à 0,8%.

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