Le discours du président de l’Ua, Macky Sall à la 77e : Session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies Zimbabwe, Palestine Gouvernance mondiale, Siège au G20….

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Monsieur le Président de l’Assemblée Générale,Chers collègues,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames, Messieurs,

Distingués délégués,

Monsieur le Président, au nom de l’Union Africaine, je remercie  votre  prédécesseur  et vous adresse tous  nos vœux de succès à la Présidence de notre session.

Je renouvelle au Secrétaire Général notre soutien dans l’exercice de sa délicate mission  au  service  des  Etats membres.

Depuis notre dernière session, le monde est devenu plus dangereux et plus incertain ,sous l’emprise combinée du réchauffement climatique, des périls sécuritaires et sanitaires ,ainsi que de la guerre en Ukraine.

Le thème  de cette session  montre à  quel  point il  urge d’agir ensemble pour apaiser les tensions, soigner notre planète,réduire les inégalités persistantes Nord-Sud, et redonner sens au multilatéralisme .

Le Conseil de sécurité est interpelé au premier chef ,afin qu’il traite de la même manière toutes les menaces à la paix   et   à la sécurité   internationales,   y   compris   en Afrique.

Le terrorisme qui gagne du terrain sur le continent n’est pas qu’une affaire africaine.

C’est une menace globale qui relève de la responsabilité première du  Conseil,  garant du mécanisme  de  sécurité collective,en vertu de la Charte de l’Organisation.

Aussi, invitons-nous le  Conseil  à  mieux s’engager avec nous dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, avec des mandats plus adaptés et des moyens  plus conséquents.

En outre,l’Union Africaine appelle, une fois de plus, à la levée des sanctions étrangères contre le Zimbabwe . Ces mesures  sévères continuent  de nourrir un  sentiment d’injustice contre  tout  un  peuple, et d’aggraver ses souffrances en ces temps de crise profonde.

Au  Proche  Orient,  nous  réitérons  le  droit  du  peuple palestinien  à  un  Etat  viable,  coexistant  pacifiquement avec l’Etat d’Israël, chacun à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues.

Nous appelons à  la  désescalade  et  à la cessation  des hostilités  en  Ukraine,  pour une  solution  négociée,  afin d’éviter  le  risque  catastrophique  d’un  conflit potentiellement mondial.

Monsieur le Président,

Près de quatre-vingts ans après la naissance du système des Nations Unies et des Institutions de Bretton Woods ,il est temps d’instaurer une gouvernance mondiale plus juste, plus inclusive et plus adaptée aux réalités de notre temps. Il est temps de vaincre les réticences et déconstruire les narratifs  qui  persistent  à confiner l’Afrique à la marge des cercles décisionnels.

Il   est   temps de faire droit à la juste   et   légitime revendication africaine  sur la réforme  du  Conseil  de Sécurité,telle que reflétée dans le Consensus d’Ezulwini.

Dans le même esprit, je rappelle notre demande d’octroi d’un siège à l’Union Africaine au sein du G20 , pour que l’Afrique puisse ,  enfin, se  faire  représenter  là  où  se prennent  les  décisions  qui  engagent  un  milliard  quatre cents millions d’africains.

Je remercie chaleureusement les  partenaires  qui  nous ont  déjà  exprimé  leur  soutien et  invite  les  autres  à considérer favorablement notre candidature.

Au  titre  de  la  gouvernance  économique  et  financière, j’attire  l’attention  de  l’Assemblée  générale  sur  le Rapport  2022  sur  le  financement  du  développement durable, réalisé par une soixantaine  d’institutions multilatérales,  dont  le  FMI,  la  Banque  mondiale, le Comité de Bâle sur la supervision bancaire, l’Association internationale  des  régulateurs  de  l’assurance  et  le Conseil de stabilité financière.

Ce  rapport  relève les  insuffisances dans  les  procédés d’évaluation  des  Agences  de  notation ,et souligne l’importance  d’appliquer  des «méthodologies transparentes  afin  de  ne  pas  miner  la  confiance  dans les notations ».

Nous  sommes préoccupés  par  le  fait  que la  perception du risque en Afrique continue d’être plus élevée que le risque  réel ; ce qui renchérit les primes d’assurance et pénalise la compétitivité de nos économies.

C’est pourquoi l’Afrique renouvelle  sa  propositon  au Groupe  de  Réponse    à    la    crise    mondiale  sur l’alimentation,  l’énergie  et  les  finances ,  afin  qu’il engage,  en  rapport  avec  le  G20,  le  FMI  et  la  Banque Mondiale, un dialogue  constructif  avec  les  agences  de notation sur l’amélioration de leurs méthodes de travail et d’évaluation.

Dans le même esprit, face à l’ampleur inédite de la crise économique  mondiale,  l’Union  Africaine réitère  son appel pour la réallocation partielle des Droits de Tirages spéciaux et la mise en œuvre de l’Initiative du G20 de suspension du service de la dette.

Ce choc sans précédent fragilise davantage les économies les plus faibles, et rend encore plus pressants leurs  besoins  en  liquidités, pour  atténuer  les  effets  de l’inflation généralisée et soutenir  les ménages  et  les couches  sociales  les  plus  vulnérables,  notamment  les jeunes et les femmes.S’y  ajoute la  prise  en  charge  des  urgences  sanitaires nouvelles   ou   anciennes ,dont le cancer,   un   tueur silencieux qui continue de faire des millions de victimes à travers le monde.

J’appelle  à  la mobilisation  en  faveur  de  la  campagne Rays  of  hope, de  l’AIEA ,pour  le  renforcement  des capacités  des pays membres,  africains  en  particulier, dans  la  lutte  contre  le  cancer,  grâce  aux  technologies nucléaires telles que l’imagerie médicale, la médecine nucléaire et la radiothérapie.

Monsieur le Président,

A quelques semaines de la COP-27 de Sharm El Sheikh,l’Afrique renouvelle son attachement à l’Accord de Paris sur le climat.

En   même   temps, nous souhaitons parvenir   à   un consensus  pour une transition  énergétique  juste  et équitable ,  comme  ce  fut  le  cas  au  Sommet  Afrique-Europe   de   février   dernier, à la session   élargie   du Sommet  du  G7 en  juin, et récemment  au Forum  de Rotterdam  sur  le  financement  de  l’adaptation  en Afrique.

Il est légitime, juste et équitable que l’Afrique, continent le  moins  pollueur,  et  le  plus en  retard  sur  le  processus d’industrialisation,  exploite ses  ressources  disponibles pour  disposer  d’une  énergie  de  base,  améliorer  la compétitivité  de  son  économie  et  réaliser  l’accès universel à l’électricité. Je rappelle qu’à ce jour plus de 600 millions d’africains vivent encore sans électricité.

Travaillons également à la réalisation de l’objectif de 100 milliards de   dollars   par   an ,en   appui aux   efforts d’adaptation  des  pays  en  développement , et au financement  du  Programme  d’accélération  de l’adaptation en Afrique , sous l’égide de la BAD et du Centre mondial pour l’adaptation.

Au  demeurant, nous  considérons  le financement de l’adaptation non comme de l’aide, mais comme  une contribution des  pays  industrialisés à un partenariat mondial  solidaire ,en  contre  partie des efforts que fournissent  les pays  en  développement pour éviter les schémas pollueurs qui ont plongé la planète dans l’état d’urgence climatique actuel.

10 Monsieur le Président,

Au-delà des urgences conjoncturelles, je suis venu porter le message d’un continent déterminé à travailler avec tous ses partenaires, dans  une éthique relationnelle de dialogue confiant et de respect réciproque.

Je  suis  venu  dire  que  l’Afrique a assez  subi  le fardeau de l’histoire ; qu’elle ne veut pas être le  foyer d’une nouvelle guerre froide, mais plutôt un pôle de stabilité et d’opportunités ouvert à  tous  ses  partenaires, sur une base mutuellement bénéfique.

Je suis venu dire que nous n’ignorons pas l’Afrique des problèmes ,qu’il faut pacifier et stabiliser.

Mais je suis également venu dire que nous avons aussi l’Afrique des solutions ,avec ses 30 millions de km2, ses ressources humaines, plus de 60% des terres arables du monde,ses richesses minières, forestières, hydriques et énergétiques .

11 Oui,   nous   avons   l’Afrique  des  solutions, avec des gouvernements à  la  tâche ; une  jeunesse  vibrante  et créative qui innove, entreprend et réussit ; des millions d’hommes et de femmes qui travaillent dur pour nourrir,éduquer   et   soigner   leurs   familles ;qui   investissent,créent de la richesse et génèrent des emplois.

Cette Afrique des solutions souhaite engager avec tous ses partenaires des rapports réinventés ,qui transcendent le préjugé selon lequel qui n’est pas avec moi, est contre moi .Nous voulons un multilatéralisme ouvert et respectueux de  nos  différences ;  parce  que  le  système  des  Nations Unies, né sur les cendres de la guerre , ne peut emporter l’adhésion de tous que sur la base d’idéaux partagés, et non de valeurs locales érigées en normes universelles . C’est en collaborant dans le respect de nos différences que nous re donnerons force et vitalité à la raison d’être des Nations Unies :

c’est-à-dire préserver les générations actuelles et futures  du  fléau  de  la  guerre,

12 promouvoir  la  cohabitation  pacifique  des  peuples et favoriser le progrès en instaurant de meilleures conditions de vie pour tous.

Je souhaite plein succès aux travaux de la 77e session de l’Assemblée générale.

Je vous remercie

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