Chelsea – Rennes – De Pole Emploi a la C1

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Ce mercredi, en Ligue des champions, Edouard Mendy retrouve son ancien club, Rennes, qu’il a quitté l’été dernier. L’occasion de revenir sur le parcours atypique d’un gardien au chômage en 2015 et titulaire dans le but de Chelsea désormais.

Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Edouard Mendy pour joindre les deux extrémités du football professionnel. Du chômage à la Ligue des champions. En 2015, après son départ de Cherbourg, qui bataille alors en National 1, il s’inscrit à Pôle Emploi. A 23 ans, il songe à travailler dans un magasin tenu par un ami. Pourtant intégré au centre de formation du Havre, qui a formé nombre d’internationaux dont Steve Mandanda, son modèle, il peine à se faire une place dans le monde professionnel. Son parcours sinueux ne le détourne jamais de son désir de faire carrière mais l’affaire est franchement mal embarquée.

Dans ma ville ou mon quartier, les gens m’ont toujours poussé, m’ont toujours aidé. Ça m’a donné la force de m’accrocher à l’objectif de devenir professionnel alors que j’ai passé un an sans jouer. C’était compliqué. Ma femme attendait notre premier enfant et on ne pouvait pas vivre que du chômage donc je cherchais autre chose“, nous confiait-il en mars dernier alors qu’il défendait encore les couleurs du Stade Rennais.

Arrivé si haut parce qu’il fut au plus bas

Mendy n’a jamais baissé les bras, obsédé par l’envie de réussir. Et son explosion actuelle du côté de Chelsea, où personne ne l’attendait vraiment, est à lire à travers le prisme de cette trajectoire cabossé. “C’est mon parcours qui m’a permis d’avoir cette base, de me forger, avoue-t-il. Il m’a permis d’avoir une progression constante dès que je suis arrivé dans le monde professionnel avec l’aide des différents entraîneurs. De m’adapter à chaque nouveau défi.

S’il est arrivé si haut, c’est parce qu’il a sans doute touché le fond. Et parce que des hommes lui ont tendu la main. Stéphane Cassard d’abord. Alors entraineur des gardiens de l’OM, l’ancien portier de Strasbourg lui a remis le pied à l’étrier en 2015 en lui permettant d’intégrer le club phocéen en qualité de troisième gardien. L’OM n’en gardera pas un grand souvenir mais Mendy se relance alors que plus personne ne croit en lui. Des apparitions sporadiques avec l’équipe réserve mais toujours pas de contrat professionnel : Mendy patiente toujours mais retrouve une routine.

Eté 2016, un tournant à 5000 euros par mois

C’est Reims qui fera définitivement basculer sa carrière. A l’été 2016, le club champenois, qui n’a jamais eu peur de donner sa chance à des joueurs aux parcours atypiques, lui propose son premier contrat professionnel. “L’histoire est belle, c’est un conte de fée, nous raconte Jean-Pierre Caillot, président de Reims. Après notre descente en Ligue 2, nous cherchions une doublure. Les réseaux et le bouche à oreille des agents m’amènent à m’intéresser à lui. Vincent Labrune, alors président de l’OM, me confirme que c’est un bon joueur. Donc on le signe à 5000 euros par mois.

La machine est lancée, elle ne s’arrêtera plus : “Ses premiers matches ne sont pas une réussite, se souvient son président d’alors. Il se blesse à Ajaccio, il en prend cinq à Laval mais il s’est accroché et il a ressaisi sa chance. Il a trouvé une force dans ses galères. Il a un caractère hors norme, une grosse personnalité. Il s’est enrichi de ses épreuves. Après, c’est la magie du foot…

” Dans ma tête, il fallait leur montrer qu’ils avaient eu tort ”

Je n’éprouve pas de sentiment de vengeance mais de revanche, nous précisait le gardien en mars. Je suis quelqu’un qui ne lâche rien et je vais persévérer jusqu’à y arriver. Ce côté revanchard m’a poussé quand certains éducateurs au Havre pensait que le monde pro n’était pas fait pour moi. Dans un coin de ma tête, il fallait leur montrer qu’ils avaient eu tort.

Ce parcours et cette soif de revanche lui ont permis de gravir les échelons avec un aplomb et une facilité déconcertante. En 2019, après trois belles années à Reims, il doit déjà partir en Angleterre mais une blessure lors de la CAN contrarie ses plans. Rennes ne l’oublie pas et en fait le successeur de Koubek. Dès son arrivée, il rayonne en championnat et en Ligue Europa. La Premier League revient à la charge et il rejoint Chelsea cet été à la surprise générale. Christophe Lollichon, responsable des gardiens des Blues, le suivait depuis quelques saisons déjà et a senti en lui une volonté hors norme de réussir qui lui permet d’affronter n’importe quelle situation.

 

 

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