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Actuel et factuel

MALTRAITANCE ET DROGUE DANS LES “CAMPS DE RÉÉDUCATION DE KARA”

JAMRA salut la posture légaliste de Serigne Modou Kara Mbacké

JAMRA a toujours fustigé toutes les formes d’exercice de police privée; qu’il s’agisse de milices religieuses ou politiques. Elles se sont toujours révélées comme des sources potentielles de dérives violentes, se soldant souvent par mort d’homme. Le jeune “calot bleu”, Ndiaga Diouf, l’aura appris à ses dépens, pour avoir naïvement perdu la vie, lors d’une “opération d’intimidation” devant la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur, en décembre 2011, à quelques encablures de la Présidentielle de 2012.

JAMRA exprima également son indignation, suite aux violences meurtrières ayant opposé, le lundi 11 février 2019, durant la campagne électorale pour la Présidentielle, les partisans d’El Hadji Issa Sall, candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), d’obédience religieuse, à des “marrons de feu”, de la sécurité privée du président sortant, Macky Sall, à Tambacounda, dans l’Est du pays. Le bilan macabre fit état de trois morts et de plusieurs blessées à l’arme blanche.

C’EST ce qui motiva JAMRA, joignant l’acte à la parole, à solliciter en urgence, dès le lendemain, une rencontre avec le ministre de tutelle, Aly Ngouille Ndiaye, en charge de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Une loi étant faite pour être appliquée, et non pour servir de simple décor juridique, JAMRA, en venant à cette audience, portait en bandoulière le texte de loi n° 78-40 du 6 juillet 1978, qui «interdit formellement l’exercice de toutes activités de POLICE PRIVÉE ; et soumet à autorisation préalable l’ouverture et l’exploitation de toute entreprise de surveillance, de gardiennage ou d’escorte».

JAMRA déplora le fait qu’AUCUN des cinq candidats à la Présidentielle, et des coalitions les soutenant, ne s’étaient conformés à ces dispositions légales.

ET FIT tenir copie dudit texte de loi au ministre. Ainsi que la déclaration d’ALERTE, en date du 24 janvier 2019, que JAMRA avait rendu publique, avant l’ouverture de la campagne électorale. Et qui mettait notamment en exergue que «légalement, seuls les dépositaires légaux de la puissance publique, Police, Gendarmerie, Armée, sont habilités à user légitimement de la violence physique, afin que force reste à la Loi».

DANS SA RÉPONSE, le ministre de l’Intérieur a tenu à remercier JAMRA de se préoccuper de la sécurité publique et de la paix civile. Et nous rassura que ses services étaient déjà à pied-d‘œuvre, relativement à la mise en œuvre de ces dispositions légales et réglementaires. Il nous annonça que «dès aujourd’hui (mardi 12 février 2019), il sera affecté à chacun des cinq (5) candidats un corps d’élite d’une trentaine de gendarmes, pour leur sécurité rapprochée. Avec pour conséquence évidente le DÉSARMEMENT de tous leurs éléments de sécurité privés. Lesquels pourront certes continuer à assister les candidats, mais sans armes ni uniformes paramilitaires».

ET VOILÀ qu’aujourd’hui, l’éminent corps de la Brigade ( c’est la Section) de recherche de la Gendarmerie, alors qu’elle faisait une investigation de routine sur le vol d’un scooter, dont le propriétaire avait déposé plainte, fit une découverte stupéfiante, dans un des “Centre de rééducation de Kara”. La déclaration faite par le Colonel Pape Diouf, du Haut commandement de la gendarmerie, fait état de leur trouvaille, sur trois sites éponyme, à la ZoneB, à Ouakam, à Malika et à Guédiawaye, de 353 individus, âgés entre 17 et 42 ans, «soumises à des actes de tortures et souffrant de malnutrition». Mais également de “YAMBA” (chanvre indien) que les pandores auraient saisi sur un des geôliers.

JAMRA, qui a toujours fustigé la maltraitance, sous toutes ses formes, de la personne humaine, à fortiori des enfants; et a également toujours combattu la consommation et le trafic de drogue – au point de l’avoir fait CRIMINALISER, par le biais de loi 2007-31 du 30 novembre 2007, dite “Loi Latif Guèye” -, CONDAMNE, avec toute la fermeté qui sied, ces graves infractions pénales, relevées par ces vaillants gendarmes assermentés, dans ces singuliers “centres de rééducation”.

CEPENDANT, par honnêteté morale, JAMRA se gardera rigoureusement d’occulter la louable disponibilité dont SERIGNE MODOU KARA a toujours fait montre, pour aider les jeunes à se libérer de l’esclavagisme de la drogue. Comme en atteste à suffisance un extrait-vidéo (posté sur la page Facebook de JAMRA) relatif à une séance de psychothérapie de masse, au profit d’une centaine de jeunes toxicomanes, que Serigne Modou Kara avait regroupés dans un champs, à Lansar, en 1995, déjà. Par conséquent, cet aspect de ses activités ne peut, en aucun cas, laisser indifférente JAMRA, qui a toujours fait une sur-priorité le combat contre le fléau du trafic de stupéfiants, qui hypothèque la santé mentale et morale de nos enfants; booste l’insécurité; détruit les ménages; déstabilise notre économie par le recyclage de l’argent sale.

L’IMPORTANCE POUR LE CROYANT d’éviter de prêter le flanc aux œuvres du démon, en se livrant à des activités de nature à l’éloigner de l’adoration du DIEU UNIQUE, a fait l’objet d’une ferme mis-en-demeure dans plusieurs passages coraniques (Bakhara, Mahida, Al-Imran, etc). Le Seigneur y met sur un pied d’égalité le fléau du “SANGARA”, c’est-à-dire tout produit de nature à faire perdre au croyant sa LUCIDITÉ, et celui du JEU DE HASARD. Allah condamne avec le même degré de sévérité ces deux calamités sociales, que Dieu considère comme les voies de prédilection qu’emprunte Satan pour détourner le croyant de la pratique vertueuse et assidue du culte religieux (“Innamal hamrou wal meysir”).

UN MUSULMAN aura donc beau maîtriser les enseignements divins, mais s’il offre à IBLISS l’opportunité de s’emparer de sa conscience, parce qu’il fait usage de substances qui lui font perdre la raison et le contact avec la réalité qui l’entoure, ses connaissances des enseignements divins, sur le “Shirk” (bokaalé) par exemple, ne lui seront d’aucune utilité. Parce qu’il faut d’abord être LUCIDE et maître de soi pour pouvoir apprendre et pratiquer sa religion.

AINSI, JAMRA a toujours salué les efforts consentis dans ce sens par Serigne Modou Kara pour aider les jeunes à s’affranchir de toutes formes de dépendance aux substances euphorisantes ou enivrantes. Tant il est vrai que le Croyant, avant de prétendre se consacrer, en toute lucidité, au culte religieux, doit s’attacher à cultiver un comportement social positif et harmonieux. Aider un croyant à se libérer prioritairement de cet esclavagisme cérébral est donc un acte de solidarité de haute portée citoyenne et religieuse que JAMRA a toujours salué, peu importe l’identité ou l’appartenance confrérique de l’auteur de ce noble acte d’entraide.

JAMRA FÉLICITE Serigne Modou Kara Mbacké se s’être très tôt inscrit dans une posture d’APAISEMENT, en annulant la conférence de presse qu’il comptait tenir, ainsi que son grand rassemblement traditionnel du 31 décembre. Et rend hommage à sa POSTURE LÉGALISTE, consistant à faire mettre à la disposition de la Section de Recherches de la Gendarmerie, un des geôliers qui cherchait refuse à son domicile.

LE DERNIER MESSAGE de Serigne Modou Kara Mbacké, livré dans les réseaux sociaux, et instruisant ses “diawrignes” de ne prononcer “aucun propos, de ne poser aucun acte de nature à entraver l’action des enquêteurs, et de LAISSER LA JUSTICE FAIRE SON TRAVAIL”, mérite d’être salué.

JAMRA souhaite vivement que TOUTE LA LUMIÈRE soit faite sur cette sombre affaire de “séquestration et de maltraitance des personnes vulnérables”. Que les investigations en cours sur les graves actes imputés aux 43 suspects, arrêtées et mis à la disposition du Procureur de la République, soient conduites jusqu’à leurs termes. Et que soit également clarifié le présumé trafic de chanvre indien à leur actif.

JAMRA félicite les éléments de la Brigade de Recherche de la Gendarmerie, pour leur perspicacité; salue l’humanisme dont ils ont fait preuve, dans l’encadrement bienveillant des jeunes “rescapés” de ces sites de rééducation – dont les objectifs initiaux ont été vraisemblablement dévoyés – pour leur acheminement diligent dans les structures de santé publique.

Bureaux exécutifs de

JAMRA et MBAÑ GACCE

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